Dimanche 22 avril, en bon citoyen (qui continue à se plaindre de la non
prise en compte du vote blanc dans les résultats), je suis allé voter pour
l'un(e) des 10 candidats à la Présidence de la République. J'ai participé le
soir même au dépouillement des bulletins de vote comme je l'avais fait par le
passé dans d'autres lieux. J'aime ces instants de fébrilité où chacun cherche
son candidat et tremble à chaque ouverture d'enveloppe ; contrôle, double
contrôle, enveloppe de centaines, PV de résultats... La tension est nettement
palpable dans ces moments là.
Ajoutez-y quelques photographes, des journalistes, des élus, de (très) rares
membres de la préfecture, des représentants des partis et de simples citoyens
et vous obtenez une ambiance très particulière de début de soirée.
Le 6 mai sera encore meilleur puisqu'il entérinera définitivement un des
deux duellistes à la plus haute fonction de l'Etat. Et il sera à nouveau
intéressant de suivre le mot clé (ou hashtag) #radiolondres sur Twitter. Ce
dimanche, les utilisateurs de ce service (twittos, twittonautes) ont eu droit à
un festival de codes, de poésie pour contourner la loi interdisant la
publication de résultats avant 20 heures. Dès 16h-16h30 les médias hors
hexagone publiaient les premiers résultats vite détournés par les
internautes.
Un (tout petit) aperçu de ce foisonnement sur le site de la
Tribune ou directement sur Twitter (en temps réel et avec
l'historique) avec le hashtag #radiolondres.
Enfin dernier enseignement de ce 22 avril, les sondeurs ont sous-estimé le
score du Front National, c'était déjà le cas en 2002. La plupart des
observateurs et autres commentateurs politiques ont fait remarquer que ce sont
ceux qui souffrent qui ont voté l'extrême droite. Je ne le pense
pas.
Il y a deux données qui me paraissent trop souvent oubliées :
- les votants de Marine Le Pen n'affichent pas toujours publiquement leurs
choix et notamment lorsqu'ils sont interrogés par les sondeurs. Par honte, par
peur d'être mal jugés, par identification aux partis néo-nazis... les raisons
sont multiples.
- ce sont aussi des personnes qui ont peur de perdre leurs acquis, leurs
modes de vie, leurs valeurs au contact des étrangers. Ainsi dans les villages
alsaciens prospères Marine Le Pen arrive très souvent en deuxième position
juste après Nicolas Sarkozy. Et les candidats de la gauche sont très loin
derrière, y compris François Hollande. Un exemple, le
canton de Ribauvillé, LE territoire du vignoble. Pas convaincu ? Allez hop, à La Petite Pierre.
N'hésitez pas à en cherchez d'autres !