Le Printemps n'est pas passé inaperçu ces derniers jours, températures en
hausses, terrasses bondées et une profusion de manifestations en veux-tu, en
voilà :
Sous le ciel mauve de Bay City, entre illusions et réalités héritées, une
jeune américaine tente de reconstituer son histoire familiale troublée par
l'antisémitisme.
Sa mère et sa tante ont quitté le Vieux continent peu de temps après la
guerre pour une nouvelle patrie pleine de promesses où tout semble neuf. Dans
ce nouveau continent, recluses dans le mutisme, Denise et Babette essaient
de se protéger et de protéger leurs proches. Elles taisent un passé trop
difficile à partager.
Amy, la fille de Babette, essaye tout de même de rassembler les fragments du
puzzle historique maternel. Elle veut comprendre d'où lui viennent ses visions
dont elle se serait bien passée. L'atmosphère de Bay City, polluée par les
usines automobiles environnantes de Flint ou de Denver, ne va pas lui faciliter
la tâche. C'est en devenant pilote de ligne qu'elle s'arrachera des pesanteurs
réelles ou imaginées. S'envoler pour ne pas suffoquer.
Through Black Spruce (titre original)
Joseph Boyden, traduction de Michel Lederer (Albin Michel)
Will habite à Moosonee, dans un coin
paumé du Canada, à l'image du vieil homme. Dans le coma, allongé sur son lit
d'hôpital son esprit Anishinabe
s'en est allé pour nous emporter dans ses souvenirs du Grand Nord. Ses pensées
croisent celle de sa nièce Annie qui le veille régulièrement.
Au cours de ses visites elle lui confie ses secrets et notamment ses
découvertes de la culture des blancs parqués dans les grandes métropoles
septentrionales du continent américain. Elle espère sortir son oncle de sa
léthargie en lui contant ses aventures à la recherche de sa soeur Susanne,
disparue bien avant l'entrée de Will à l'hôpital.
Annie et Will entremêlent leur récit à la manière dont leur tribu embrasse
la société urbaine, pour le meilleur et pour le pire. Le lecteur est tantôt
plongé dans les immenses forêts au plus près de la vie sauvage, tantôt dans la
jungle urbaine des cités les plus hypes de la planète. Deux mondes, deux
pensées qui s'entrechoquent et s'interpénètrent. L'auteur évoque avec
délicatesse l'intrusion de la modernité et ses effets déstructurants sur le
long terme. Mais ce roman contemporain est avant tout un hymne à l'amour et à
la vie sous toute ses formes. Les difficultés et les vicissitudes côtoient les
plaisirs simples qui nous poussent chaque jour à poursuivre la route.
Un roman saisissant et émouvant. J'ai adoré !
Ce lundi de Pâques, nous avons
profité des rayons de soleil pour fouler la plage de Vert-Bois de l'île
d'Oléron. Pour ne pas finir dans les bouchons en fin d'après midi (un grand
classique), nous avons opté pour un diner à Saint-Pierre dans un restaurant
près de la place du marché et d'une boutique de poésie !
L'aile ou la cuisse que le enfants ont vu pour la première fois
dimanche soir, nous a donné des idées Ducheminesque pour ce billet,
co-rédigé avec Cécile !
Le Changement d'Ambiance propose une carte simple et délicieuse, à l'image du
restaurant tenu par un savoyard. De la bonne cuisine, un accueil chaleureux,
une ambiance originale et sans prétention. Les plats sont servis sur des 33
tours que Pierre a découvert pour l'occasion ; la souplesse du vinyl, sa
couleur noire et sa double face. Inévitablement, du chocolat a parsemé les
sillons d'un Polydor, de Rod Stewart et des Gypsy Kings.
Nous avons prévu d'y retourner avant le rush des vacanciers pour vous en
rapporter des photos (et surtout nous faire plaisir)...
Bande son : Wind of Change
Événement un peu particulier aujourd'hui
puisque nous avons eu très chaud... En effet, un cour-circuit a été à l'origine
d'un début d'incendie dans l'immeuble qui jouxte le nôtre. Ma compagne
s'apprêtait à quitter la maison quand elle a entendu comme des feux d'artifices
et vu jaillir des gerbes d'étincelles de câbles électriques de la façade de la
maison mitoyenne.
Quelques minutes après les pompiers interrompaient toute circulation dans la
rue pour circonscrire l'incendie. Peu de dégâts apparents ; quelques chevrons
brûlés, quelques lattes et des lambeaux d'isolant de la toiture voisine
jonchaient le sol.
Petite frayeur et grand froid quand même en début de soirée vu que le gaz et
l'électricité avaient été coupés pour des raisons évidentes de sécurité.
En images. Il n'avait pas neigé (cf. la première photo).
Pour la première journée de congé
après la reprise du chemin de l'école, mes enfants ont eu une idée gourmande :
confectionner des Bretzels ! Assistés de Natacha, ils ont
mis la main à la pâte.
Quelques unes de ces pâtisseries salées constitueront le souvenir de l'été que
l'institutrice a proposé d'apporter ce jeudi. Je n'ai pas pu m'empêcher d'y
goûter... Il ne manquait que la bière.
C'est tout de même une incontestable réussite !
Dire qu'un de ces petits gâteaux avait failli faire mourir d'étouffement George
Bush Junior...
Pour ce nouveau week-end du 17-18 mai, je suis allé rejoindre mon cousin
Pascal, aux Sables d'Olonne, chez son Papa (mon oncle si vous suivez) chez qui
j'avais séjourné tout début avril.
Pascal
est strasbourgeois... mais il aussi été vendéen quelques temps. Çà a été une
joie de retrouver un alsacien. Il faut dire qu'on est assez proches et
qu'il nous arrivait souvent de nous retrouver pour boire un coup, manger dans
un gastro' (c'est un excellent chef cuisinier) ou nous baigner aux thermes de Baden-Baden. Bref, Pascal
a revu sa voiture (il a failli en pleurer) et c'est avec elle et avec plaisir
que nous nous sommes attardés au port, sur le remblai, au centre ville...
Odeurs marines.
Comme d'accoutumée, les repas ont été savoureux, copieux et plus qu'animés
: vendredi soir chez Alain et Dany, samedi soir avec Christine et fin de soirée
au casino. Inutile de vous préciser le manque d'heures de sommeil que je me
traîne depuis vendredi.
Odeurs de fruits de mer et d'épices.
J'ai quitté tout ce petit monde dimanche matin vers
9h, destination la BEL du
pain organisé par le SEL niortais. Colette et Daniel avait proposé
leur hospitalité à une bonne vingtaine de membres de l'association d'échanges
de services et de savoirs. J'avais évidemment été invité et n'ais pas
pu me soustraire à la fabrication d'un pâton. D'autant que j'avais
déserté le samedi pour préparer la chauffe du four. "Ils" m'ont
d'ailleurs puni en m'offrant un tourteau fromager. Je l'ai découvert dans mon
frigo dimanche matin.
La cuisson des pains a été réalisée dans la plus pure tradition avec four à
pain et vraies braises qu'il a fallu écarter avant d'enfourner les pains ou
pizzas. Sachez d'ailleurs qu'une pizza ou une tarte flambée cuite au feu de
bois ne veut pas dire que la pâte est à proximité des braises ou de la fumée.
Cela signifie simplement que la chaleur qui permet la cuisson provient d'une
combustion de bois, nuance... Comprenne qui pourra.
Odeurs de levure fraîche, de pains croustillants, de pizzas cuites au feu de
bois et de grimolles poitevines...
Incontestablement ce sont les odeurs de la Saint-Honoré, patron des boulangers,
qui ont dominé ces quelques jours de repos.
La journée s'est achevée sur un beau petit concert avec Lou aux claviers
(synthétiseur et accordéon). Les photos et une
vidéo seront sont disponibles dans quelques jours.
Eloignement des braises et nettoyage du four avant enfournement.
Depuis mon arrivée à Niort, beaucoup d'événements heureux se sont succédés
(voir les premiers billets
du mois de mai) mais aussi quelques moments plus douloureux.
Un soir, vers la mi-avril, j'ai appelé les enfants au téléphone et l'un
d'entre eux s'est mis à pleurer parce que pas écouté par son entourage (non ce
n'est pas Natacha, voyons !). Je n'ai rien pu faire. C'était désarmant.
Jusque-là tout allait bien et puis d'un coup une émotion qui ne s'était pas
exprimée depuis mon départ a fait surface telle une vague qui submerge, sans
prévenir.
J'ai été triste quelques jours. Un sentiment d'impuissance et de résignation
qui est passé, difficilement, mais passé.
Un peu comme les départs de Strasbourg. Quand le train démarre j'assiste au
déferlement d'émotions de ceux qui sont restés sur le quai, sans pouvoir
intervenir, réconforter. Dur.
Dans un précédent billet je me
moquais de ne pas avoir des moyens de communications à disposition. Pourtant, à
certains moments, il m'aurait été utile de pouvoir téléphoner librement sans
contrainte de lieu ou de temps. La cabine France Telecom dépanne en soirée,
mais ce n'est vraiment pas l'idéal.
Je ne céderai pas pour autant aux sirènes des opérateurs de téléphonie mobile.
Seul et sans mes proches, j'ai eu du temps pour ruminer sur l'éloignement et
les moyens pour compenser la distance (j'ai pris un abonnement à La Poste).
Le lendemain de mon arrivée dans
l'Ouest, j'ai été invité par mon oncle à séjourner aux Sables d'Olonne.
J'ai donc repris le train pour me
rendre en Vendée. Un TGV jusqu'à la Rochelle, suivi d'un Corail pour la Roche
sur Yon puis d'un TER pour les Sables. Presque trois heures de trajet ! Quand
on sait que Paris n'est qu'à 1h30...
Cela faisait dix ans que je n'avais pas vu Norbert et Babette. Cela a été une
joie de les retrouver. Quelques cheveux blancs en plus pour tout le monde, un
peu de bedaine (mais pas tant que çà) et toujours cette impressionnante joie de
vivre. Idéal pour me mettre le pied à l'étrier dans ce nouvel
environnement.
Je passerai sur les détails culinaires auxquels j'ai eu droit, la voiture
prêtée (à l'année) par mon cousin, la sortie en discothèque, le retour aux
Sables le dimanche matin vers 5h...
Deux photos pour illustrer ces heureux moments :
La nuit du 5 au 6 avril 2008 fut donc de très courte durée, d'autant plus que
Babette m'avait convaincu d'aller ramasser quelques pignons sur la plage des
Sables vers 10h. Il fallait absolument profiter de la plus basse mer de
l'année. C'est donc armés d'une cuiller que nous avions gratté le sable à la
recherche des savoureux mollusques.
Le retour à Niort en fin d'après midi fut un peu laborieux à bord de la "bombe"
de Pascal. En effet le véhicule (et surtout sa consommation) n'ont pas toujours
été faciles à maîtriser...