Que lire quand le porte monnaie se retrouve vide et que la fin du mois n'est
pas encore là ? Je dois dire que je me suis régulièrement posé la question pour
faire des économies.
Aller à la bibliothèque municipale ? Chercher parmi les ouvrages endormis de
nos étagères ; ceux jamais ouverts, faute d'envie ou de temps ? Solliciter un
prêt (de livres bien entendu) auprès d'un(e) ami(e) ? C'est justement cette
dernière hypothèse que j'ai retenue.
J'ai découvert Désert il y a quelques jours, suite à une discussion
avec une collègue sur les écrivains voyageurs romans de voyage, nous
avions évoqué LE roman de Nicolas
Bouvier, de Sylvain Tesson (Petit
traité sur l'immensité du monde) ou plus récent, La traversée du
désert d'Isabelle Jarry (également prêté par ma collègue).
Jean Marie Gustave Le Clézio (NRF
Gallimard)
Lalla habite une ville maritime nord africaine. Son quotidien d'adolescente
est constellé de rêves, d'ailleurs, qui lui permettrait de s'extraire de sa
Cité. Elle trompe l'ennui en effectuant de nombreuses promenades vers les
pâturages ou les plages pour retrouver Naman, le vieux pêcheur ou Hartani, le
berger.
Nour, un garçon d'une dizaine d'année, arpente le désert avec ses parents. Ils
partent quotidiennement à la recherche d'eau et de vivres pour subsister. Il
n'existe pas de lieux où ils pourraient s'établir ou à tout le moins se poser
quelques temps. Les ressources sont rares, épuisées ou privées par les
occidentaux qui raflent et déstructurent les sociétés autochtones en
ce début de XXè siècle.
Ils détruisent les organisations séculaires et les mythes sacrés qui les
sous-tendaient.
Avec la progression du roman la dimension onirique incarnée par Lalla et Nour
s'évapore peu à peu à l'image de l'enfant devenant adulte. Les voyages
forment-ils ou déforment-ils la jeunesse ?
Les parcours singuliers des deux protagonistes reposent sur une origine que le
lecteur suppose commune, voire familiale (les hommes bleus) qui
enveloppe le récit d'une brume de poésie dissipée peu à peu par les vents
cartésiens des européens.
Subtil et universel. Merci Corinne.
Article publié initialement sur le blog de la librairie
Caractères.
Bande son :
A horse with no name.