Niort, 29°C aujourd'hui. Ce n'est pas encore l'été. La France connaît en cette année 2011 son printemps le plus chaud depuis le début du XXè siècle et le plus sec des cinquante dernières années devant ceux de 1976 et 1997, a annoncé Météo France mardi 31 mai 2011 dans un bilan provisoire.

Je plains les agriculteurs, les conventionnels tout du moins. Pas facile de faire un des plus vieux et des plus nobles métiers du monde par les temps qui courrent. Entre les légumes tueurs qui effraient les populations, la sécheresse qui n'en finit pas, privant les élevages de foins, de blé, les productions qui ne permettent plus aux paysans de vivre du fruit de leur travail, que reste-t-il ?

Où sont les solutions ? Celles promises par Monsanto pour disposer de plantes résistantes ? Celles du gouvernement pour mobiliser l'armée pour le transport de paille ?

Et s'il fallait chercher ailleurs ? Il faut en finir avec la soumission de la terre comme le propose la Genèse. Elle nous conduit droit à la ruine et au désastre. Il est peut être encore temps de se rendre compte que l'Homme ne domine pas la nature, au mieux il compose avec. Haïti, Fukushima, La Faute-sur-Mer, les tornades aux Etats-Unis, la sécheresse maintenant. Surmédiatisation ou accélération biblique du rythme des catastrophes ?

Pourquoi cela s'arrêterait-il demain ? Nous savons tous que nous ne pouvons plus continuer à vivre à ce rythme là, rouler à tombeau ouvert. Cà et là des voix s'élèvent pour changer de braquet et revisiter nos modes de production ou de consommation :

  • Boulanger autrement ! Nicolas Supiot est un paysan boulanger qui cultive son blé et fait cuire son pain lentement, sans le stresser. 
  • et surtout ce film de Coline Serreau qui consacre une part importante de son documentaire, Solutions locales pour un désordre global, au sol nourricier. Je ne résiste pas au plaisir de citer quelques passages : 

Les sols sont morts, ils ont été déshabillés littéralement. Les sols ne sont plus nourris ce sont les plantes qui sont nourries aujourd'hui. Le fumier n'est plus restitué au sol. On a divisé, cloisonné et délocalisé les productions : la paille et les céréales en Beauce, l'élevage en Bretagne. (Philippe Desbrosses, agriculteur, docteur es Sciences de l'Environnement)

Autrefois il y avait un équilibre agro-sylvo-pastoral. La Terre çà se respecte, pas besoin de la labourer pour augmenter les rendements. (Claude Bourguignon, ingénieur agronome).
Les sols qui ne sont pas labourés permettent de mieux retenir l'eau (comme en forêt) et sont donc préservés de la sécheresse. (Loubenetsi Vasiliy Petrovitch, agriclutleur, directeur d'Agroecologhia).
Une solution parmi d'autres au manque d'eau ?