Dans le district des Trois-Frontières, à quelques kilomètres de Mulhouse et à quelques encablures de Bâle se cache, dans un écrin de verdure, une collection d'art moderne et contemporain unique.
La fondation Beyeler abrite en effet un nombre important d'œuvres majeures (Monet, Picasso, Rothko, Mondrian, Klee, Cezanne, Miro, Rousseau, Warhol, Braque, Degas, Kandinsky...) et réalise de superbes expositions (Giacometti, Léger, Munch, Matisse, Magritte, Calder...)  à faire pâlir d'envie les plus grands musées.


A l'origine de cette fondation, un fils de cheminot, Ernst Beyeler qui avait transformé une librairie en une modeste galerie dans le centre de Bâle et qui achetait ce qui lui plaisait quitte à sacrifier l'argent du ménage.

Le bâtiment conçu par Renzo Piano, et qui abrite votre collection ici à Riehen, tout près de Bâle, en pleine campagne, est-il en lui-même une oeuvre d'art ou est-il surtout destiné à mettre en lumière les oeuvres ?
Les deux ! Renzo Piano a parfaitement intégré son édifice au paysage et a fait preuve de retenue et de simplicité. J'avais choisi cet architecte à cause du Centre Pompidou et de la Fondation Menil à Houston (Texas). Je lui ai indiqué dans quel esprit je souhaitais ce bâtiment : « luxe, calme et volupté »
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La construction de ce bâtiment a coûté 55 millions de francs suisses, soit environ 37 millions d'euros. Avez-vous reçu des subventions ou des aides de la ville de Bâle ?
Après des années de vache maigre (au cours desquelles mes amis me demandaient comment je pouvais dormir ; je leur répondais : « je me tourne de l'autre côté ! »), le boom du marché de l'art dans les années 1980 nous a permis de vendre beaucoup d'oeuvres. Nous avons par exemple pu vendre un De Kooning 20 millions de dollars à un collectionneur de Los Angeles.


L'interview complète du marchand d'art par Emmanuel Tresmontant


Ernst Beyeler est décédé à l'âge de 88 ans dans la nuit du jeudi 25 février 2010.
Bande son : Salut l'artiste